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10 métiers bien payés que personne ne veut faire : salaires, formations et opportunités

Quels sont les métiers bien payés que personne ne veut faire en France ? Derrière cette question se cachent des opportunités professionnelles méconnues, souvent boudées par les candidats malgré des salaires attractifs et une forte demande de recrutement. Conditions de travail difficiles, horaires décalés, environnements peu ragoûtants : les raisons du désamour sont multiples. Pourtant, pour un dirigeant de PME confronté à des tensions de recrutement, ou un actif en quête de reconversion, ces professions représentent de véritables viviers d’emplois stables et rémunérateurs.

Dans cet article, nous passons en revue 10 professions délaissées mais lucratives, avec pour chacune le salaire attendu, la formation requise et les raisons concrètes de cette pénurie de candidats. De quoi vous aider à identifier des pistes de carrière insoupçonnées — ou à mieux comprendre les défis de recrutement dans certains secteurs clés de l’économie française.

Pourquoi certains métiers bien rémunérés n’attirent pas les candidats ?

Avant de plonger dans notre classement, il est essentiel de comprendre les mécanismes qui expliquent cette pénurie de vocations dans des métiers pourtant bien payés.

Les freins psychologiques et physiques

Plusieurs facteurs convergent pour détourner les candidats de ces professions :

  • La pénibilité physique : travail en extérieur par tous les temps, port de charges lourdes, positions inconfortables
  • L’exposition à des environnements rebutants : odeurs, insalubrité, contact avec des nuisibles ou des défunts
  • Les risques professionnels : manipulation de produits toxiques, travail en hauteur, danger d’explosion
  • Les horaires atypiques : travail de nuit, week-ends, astreintes permanentes
  • L’image sociale dévalorisante : certaines professions souffrent d’une perception négative dans l’opinion publique

Cette combinaison de facteurs crée un déséquilibre criant entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi en France. Et c’est précisément cette rareté de candidats qui tire les rémunérations vers le haut.

La loi de l’offre et de la demande appliquée à l’emploi

Le principe est simple : quand personne ne veut faire un métier pourtant indispensable à la société, les employeurs n’ont d’autre choix que d’augmenter les salaires pour attirer des candidats. C’est un phénomène que l’on observe de manière particulièrement marquée dans les secteurs en tension comme le BTP, les services funéraires ou l’assainissement. Pour les entreprises confrontées à ces difficultés de recrutement, comprendre cette dynamique est crucial pour adapter leur stratégie RH.

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Le classement des 10 métiers bien payés que personne ne veut faire

1. Travailleur sur plateforme pétrolière — de 3 000 à 25 000 € brut/mois

C’est sans doute le métier le mieux rémunéré de cette liste. Sur une plateforme pétrolière, tous les corps de métiers sont représentés : soudeur, électricien, cuisinier, infirmier, ingénieur. Mais le prix à payer est lourd : des missions de plusieurs semaines en mer, un isolement total, des conditions climatiques extrêmes et un risque industriel permanent.

Les postes les plus qualifiés — ingénieur pétrolier, géologue, scaphandrier — peuvent dépasser les 10 000 € mensuels. Même les employés d’exploitation sans qualification particulière accèdent à des rémunérations très supérieures à la moyenne nationale.

Formation requise : variable selon le poste, du CAP au diplôme d’ingénieur. L’expérience terrain est souvent plus valorisée que le diplôme.

2. Médecin légiste — de 3 500 à 10 000 € brut/mois

Autopsier des corps, se rendre sur des scènes de crime, témoigner au tribunal : le quotidien du médecin légiste exige un mental d’acier. Contrairement aux séries télévisées, la réalité est bien moins glamour. Ce professionnel intervient aussi auprès de personnes vivantes victimes d’agressions ou d’accidents, et rédige des rapports médico-légaux déterminants pour la justice.

Malgré un salaire confortable, les études sont longues : il faut compter 11 à 12 ans de formation après le baccalauréat, incluant le cursus médical complet et une spécialisation en médecine légale.

Formation requise : doctorat en médecine + DES de médecine légale et expertises médicales.

3. Égoutier — environ 2 200 à 3 500 € net/mois

Travailler dans les réseaux d’assainissement souterrains de nos villes, c’est évoluer dans l’obscurité, l’humidité et les odeurs pestilentielles au quotidien. L’égoutier nettoie les canalisations, débouche les réseaux et répare les fuites, exposé à des agents chimiques et biologiques potentiellement nocifs.

En contrepartie, ce métier offre une sécurité de l’emploi remarquable — les besoins en entretien des réseaux ne diminuent jamais — et des avantages sociaux significatifs, notamment dans la fonction publique territoriale. Un profil expérimenté peut atteindre des revenus annuels dépassant les 40 000 €.

Formation requise : aucun diplôme obligatoire, mais un CAP agent de la qualité de l’eau ou un BEP métiers de l’eau facilite l’embauche.

4. Éboueur (ripeur) — de 1 800 à 2 500 € net/mois

L’éboueur, aussi appelé ripeur ou agent de propreté urbaine, fait partie des métiers les plus visibles et les moins valorisés socialement. Levé aux aurores, il collecte les déchets ménagers dans toutes les conditions météorologiques, avec un rythme de travail physiquement éprouvant.

Pourtant, avec les primes d’ancienneté, les majorations pour travail de nuit et les avantages de la fonction publique, un éboueur en fin de carrière peut atteindre 2 500 € net mensuels. C’est un métier qui recrute en permanence, accessible sans diplôme, et dont la gestion des ressources humaines représente un vrai défi pour les collectivités.

Formation requise : aucun diplôme nécessaire. Un permis poids lourd (C) est un atout pour évoluer vers la conduite de benne.

5. Agent funéraire et thanatopracteur — de 1 800 à 4 000 € brut/mois

Accompagner les familles endeuillées, organiser les obsèques, préparer les corps : le secteur funéraire souffre d’un déficit d’image considérable. L’agent funéraire (communément appelé croque-mort) gère les démarches administratives, la mise en bière et le transport du cercueil. Le thanatopracteur, quant à lui, réalise les soins de conservation sur les défunts.

En libéral, un thanatopracteur expérimenté peut dépasser les 4 000 € mensuels. Les entreprises du secteur peinent massivement à recruter, ce qui représente une opportunité de reconversion professionnelle pour les candidats motivés.

Formation requise : formation obligatoire de 140 heures pour l’agent funéraire ; diplôme national de thanatopracteur (environ 2 ans de formation) pour la thanatopraxie.

6. Dératiseur — environ 3 900 € brut/mois

Traquer et éradiquer les nuisibles — rats, souris, cafards, punaises de lit — dans des caves humides, des immeubles insalubres ou des entrepôts : voilà le quotidien du dératiseur, officiellement appelé technicien en hygiène et environnement. L’utilisation quotidienne de produits hautement toxiques ajoute un risque sanitaire non négligeable.

Avec la recrudescence des infestations de nuisibles dans les grandes villes françaises, la demande explose. Les dératiseurs indépendants qui savent développer leur activité commerciale peuvent générer des revenus très confortables.

Formation requise : certificat Certibiocide obligatoire. Un CAP ou BEP en hygiène et environnement est recommandé.

7. Scaphandrier (plongeur professionnel) — de 2 500 à 5 000 € brut/mois

Le scaphandrier réalise des travaux sous-marins : soudure, découpe, inspection d’ouvrages immergés, opérations de génie civil ou archéologie sous-marine. Ce métier combine le danger du milieu hyperbare avec des conditions de plongée souvent extrêmes : eau froide, visibilité nulle, courants puissants, risques chimiques ou bactériologiques.

La durée d’intervention est limitée à trois heures par jour pour des raisons de sécurité, et les sorties s’effectuent toujours en équipe. Malgré ces précautions, la charge physique et mentale reste considérable.

Formation requise : certificat d’aptitude à l’hyperbarie (CAH) classe II minimum, délivré après une formation spécialisée de plusieurs mois. Une bonne condition physique est indispensable et contrôlée par une visite médicale approfondie.

8. Cordiste — de 2 000 à 4 000 € brut/mois

Laveur de vitres en altitude, peintre sur façade, soudeur sur un pont : le cordiste intervient là où personne d’autre ne peut aller. Suspendu à une corde à plusieurs dizaines — voire centaines — de mètres du sol, ce travailleur acrobatique doit combiner une expertise technique dans son corps de métier avec une absence totale de vertige.

Les missions sont variées et peuvent inclure l’entretien de cheminées industrielles, la maintenance de bâtiments en hauteur ou la sécurisation de routes de montagne. La rémunération augmente significativement avec l’expérience et les certifications complémentaires.

Formation requise : CQP (certificat de qualification professionnelle) de cordiste de niveau 1 minimum, éligible au CPF.

9. Démineur — de 1 500 à 2 500 € net/mois + primes de risque

Le démineur localise, identifie et neutralise des explosifs : bombes historiques de la Seconde Guerre mondiale, engins improvisés, colis suspects. Chaque intervention est potentiellement mortelle et exige une concentration absolue, une condition physique irréprochable et une maîtrise technique parfaite.

Si le salaire de base peut sembler modeste comparé à d’autres métiers de cette liste, les primes de risque (environ 800 € mensuels supplémentaires) et les avantages liés au statut militaire ou policier compensent en partie le danger permanent. C’est l’un des métiers les plus en tension de la fonction publique.

Formation requise : formation dispensée par l’armée ou la police nationale. Niveau bac minimum requis.

10. Nettoyeur de scènes de crime — de 1 600 à 15 000 € brut/mois

Méconnu du grand public, le nettoyeur de scènes de crime intervient après le passage des enquêteurs pour remettre en état des lieux marqués par un décès, un accident grave ou un acte criminel. Ce travail exige un sang-froid exceptionnel, une résistance psychologique à toute épreuve et le respect de protocoles sanitaires stricts.

Les écarts de rémunération sont considérables : un débutant salarié démarre autour de 1 600 € brut, mais les professionnels indépendants spécialisés peuvent facturer plusieurs milliers d’euros par intervention. C’est une niche encore peu exploitée en France, offrant de réelles perspectives pour les entrepreneurs prêts à se lancer.

Formation requise : pas de diplôme spécifique obligatoire, mais des formations en bionettoyage et en gestion des risques biologiques sont fortement recommandées.

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Tableau récapitulatif des salaires et formations

MétierSalaire mensuelFormation minimaleNiveau de risque
Travailleur pétrolier3 000 – 25 000 € brutVariable (CAP à ingénieur)Élevé
Médecin légiste3 500 – 10 000 € brutBac +11/12Modéré
Égoutier2 200 – 3 500 € netSans diplôme possibleModéré
Éboueur1 800 – 2 500 € netSans diplômeFaible
Agent funéraire / Thanatopracteur1 800 – 4 000 € brut140h / 2 ansFaible
Dératiseur~3 900 € brutCertibiocideModéré
Scaphandrier2 500 – 5 000 € brutCAH classe IIÉlevé
Cordiste2 000 – 4 000 € brutCQP niveau 1Élevé
Démineur1 500 – 2 500 € net + primesFormation armée/policeTrès élevé
Nettoyeur de scènes de crime1 600 – 15 000 € brutFormation bionettoyageModéré

Comment choisir parmi ces métiers bien payés et peu convoités ?

Le choix dépend de votre profil, de votre tolérance au risque et de vos priorités. Voici quelques pistes de réflexion :

  • Vous cherchez un emploi accessible rapidement sans diplôme ? Orientez-vous vers les métiers d’éboueur, d’égoutier ou d’agent funéraire. La formation initiale est courte et les débouchés sont immédiats.
  • Vous êtes prêt à investir dans une formation longue pour un salaire élevé ? Le métier de médecin légiste ou de scaphandrier offre des perspectives salariales nettement supérieures à la moyenne.
  • Vous avez l’âme d’un entrepreneur ? Les métiers de dératiseur, de thanatopracteur ou de nettoyeur de scènes de crime se prêtent bien à l’exercice en indépendant, avec des marges intéressantes.
  • Vous valorisez la stabilité et les avantages publics ? Les postes d’éboueur ou d’égoutier dans la fonction publique offrent une sécurité d’emploi difficilement égalable dans le secteur privé.

Avant de vous engager, prenez le temps de réaliser un bilan de compétences et d’échanger avec des professionnels en poste. Un métier bien payé qui ne correspond pas à votre tempérament peut rapidement devenir une source de mal-être.

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FAQ : les questions les plus fréquentes sur les métiers bien payés et peu prisés

Quel est le métier le mieux payé que personne ne veut faire ? Le travail sur plateforme pétrolière domine le classement avec des rémunérations pouvant atteindre 25 000 € brut mensuels pour les profils les plus qualifiés. Le nettoyeur de scènes de crime indépendant peut également générer des revenus très élevés.

Peut-on accéder à ces métiers sans diplôme ? Oui, plusieurs professions de cette liste sont accessibles sans diplôme : éboueur, égoutier, agent funéraire ou travailleur sur plateforme pétrolière pour les postes d’exécution. Une formation courte est toutefois souvent exigée.

Ces métiers sont-ils dangereux pour la santé ? Le niveau de risque varie considérablement d’un métier à l’autre. Le démineur et le cordiste font face à un danger physique immédiat, tandis que l’égoutier ou le dératiseur s’exposent davantage à des risques chimiques et biologiques à moyen terme. Les réglementations françaises en matière de santé et sécurité au travail encadrent strictement ces professions.

Pourquoi les entreprises peinent-elles à recruter dans ces métiers ? Au-delà de la pénibilité, c’est souvent l’image sociale associée à ces professions qui freine les candidatures. Le manque de valorisation dans les parcours d’orientation scolaire et la méconnaissance de ces métiers par le grand public contribuent aussi à cette pénurie durable de candidats.

Est-il possible de se reconvertir dans l’un de ces métiers ? Absolument. La plupart de ces professions proposent des formations courtes et financées, notamment via le CPF. La reconversion vers ces métiers en tension est même encouragée par les pouvoirs publics et les branches professionnelles qui cherchent activement à renouveler leurs effectifs.

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